lundi 2 septembre 2019

Et puis, un jour, le chemin n'est plus le même...






Pas après pas, nos pieds sont devenus moins lourds. Chaque pas de plus était un pas de moins sur la route qui nous a mené vers notre fils, qui a aujourd'hui 20 mois, et grandit - déjà - trop vite. 

Notre parcours, pour tortueux qu'il ait été, a été nécessaire pour que ce soit Lui et pas un autre. Nous n'en changerions pas un pas, même ceux qui ont été douloureux, même ceux qui étaient trop grands à faire, même ceux qui nous ont fait trébucher.

Le chemin se poursuit, ses petits pas ralentissant les nôtres, pour redécouvrir des émerveillements, des contemplations, une certaine saveur de la vie. 

Il y a tant à dire de la rencontre, du faire famille, de cet amour qui ne suffit pas, mais est essentiel et - pour nous en tout cas - intense... Tant de choses que nous avons découvertes, que nous avons à apprendre sur la parentalité adoptive, et sur la parentalité tout court...

Mais tout ça n'est pas l'objet de ce blog. C'est un au revoir que je vous adresse, pour l'instant en tout cas. Peut-être que mon clavier me démangera à nouveau dans quelques temps, mais il prend aujourd'hui un repos nécessaire, pour laisser place à la Vie.


vendredi 26 avril 2019

Chaque jour nous nous asseyons un peu plus près...


- Qu'est-ce que signifie "apprivoiser" ?

- C'est une chose trop oubliée, dit le renard. Ça signifie "créer des liens..."

- Créer des liens ?

- Bien sûr, dit le renard. Tu n'es encore pour moi qu'un petit garçon tout semblable à cent mille petits garçons. Et je n'ai pas besoin de toi. Et tu n'as pas besoin de moi non plus. Je ne suis pour toi qu'un renard semblable à cent mille renards. Mais, si tu m'apprivoises, nous aurons besoin l'un de l'autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde...

Si tu m'apprivoises, ma vie sera comme ensoleillée. Je connaîtrai un bruit de pas qui sera différent de tous les autres. Les autres pas me font rentrer sous terre. Le tien m'appellera hors du terrier, comme une musique. Et puis regarde ! Tu vois, là-bas, les champs de blé ? Je ne mange pas de pain. Le blé pour moi est inutile. Les champs de blé ne me rappellent rien. Et ça, c'est triste ! Mais tu as des cheveux couleur d'or. Alors ce sera merveilleux quand tu m'auras apprivoisé ! Le blé, qui est doré, me fera souvenir de toi. Et j'aimerai le bruit du vent dans le blé...

- Que faut-il faire?

- Il faut être très patient, répondit le renard. Tu t'assoiras d'abord un peu loin de moi, comme ça, dans l'herbe. Je te regarderai du coin de l'œil et tu ne diras rien. Le langage est source de malentendus. Mais, chaque jour, tu pourras t'asseoir un peu plus près...






jeudi 18 avril 2019

24 heures


24 et quelques heures de lui...


C'est 24 heures de premières fois, pour lui comme pour nous.

C'est son regard grave et sérieux quand nous nous sommes rencontrés, puis la sidération du long trajet en minibus.

C'est la surprise effrayée devant le premier bisou, lui qui ne connait pas ces gestes.

C'est la difficulté à accepter le lâcher prise du sommeil, devant un monde entier qui change pour lui.

Ce sont les merveilleuses attentions du Centre qui en a pris soin, de vrais cadeaux pour nous, pour lui.

C'est le premier éclat de rire, le temps à le bercer de paroles pour qu'il s'endorme, l'enchantement de ses découvertes.

C'est la confiance qu'il commence à nous concéder, la tendresse timide qu'il veut bien recevoir.

Et aujourd'hui, c'est aussi un premier câlin spontané, qui nous a ravis et surpris.

24 heures de toi, et tu as bouleversé nos coeurs.


mercredi 10 avril 2019

Un pas de plus


En 2011, nous achetions une maison à rénover, espérant la remplir du rire cristallin d'un enfant. Le temps est passé vite et trop lentement, la chambre d'enfant est devenue une chambre sans berceau, puis s'est encombrée, transformée pour se trouver une fonction, ou plutôt plusieurs : débarras, chambre d'amis et bureau, tout à la fois pour ne plus être si vide, pour ne plus être en attente, comme nous avons pu l'être...

Il y a eu des voyages, des amis, de la famille, quelques chats, des pertes immenses, de l'amour, des engagements, deux ou trois éclats de voix, des mobylettes, des apéros, de la musique, et même un mariage. Il y a eu des espoirs déçus, et encore des projets. Il y a eu de la vie.

Et puis, il y a eu un chemin que nous avons pris timidement au début, jusqu'à affirmer notre pas. Et là encore, la richesse était au rendez-vous. D'autres rencontres, des émotions intenses et partagées, une réflexion qui nous a fondamentalement fait grandir, et, pas après pas, nous a mené à une meilleure version de nous-mêmes.

Il y a 8 ans, nous ne pouvions imaginer le chemin qui s'offrirait à nous, fait d'immenses joies, de peines effleurées, de petits bonheurs et de quelques malheurs...

Aujourd'hui nous n'avons plus de débarras, ni de bureau, ni même de chambre d'amis.

Et ce soir, nous dormons pour la dernière fois, à deux, dans notre maison. La chambre d'enfant est prête.


vendredi 29 mars 2019

Le 14 janvier


Et puis, un jour, un pas après l'autre, on poste l'article dont on a toujours rêvé...

Rétropédalage.

Le 14 janvier, je m'apprête à entamer une nouvelle semaine de travail, comme les autres, l'attente chevillée au corps.
C'était sans compter la révolution qui a tout emporté, dès 9 heures, avec ces quelques mots "l'année commence bien pour vous!"


J'ai appelé mon conjoint, j'ai pleuré, tremblé, virevolté dans tous les bureaux, en larmes, pour dire, pour me rendre compte, pour partir.

Nous avons un fils.

Nous nous sommes rejoints quelques dizaines de minutes plus tard, être ensemble à tout prix, pour fusionner notre enchantement, nos émotions. C'est réel, c'est en train de nous arriver...

Nous avons un fils.

La nuit que nous voulions reposante a été longue, je pouvais visualiser mes connexions neuronales, qui fusaient à grande vitesse. Impossible de se poser, de se concentrer, juste cette pensée au premier plan...

Nous avons un fils.

Et le lendemain, être à la capitale, avec notre OAA, pour découvrir son dossier, entourés de bienveillance. Découvrir le merveilleux visage de notre fils, et pleurer ensemble, et rire ensemble. Et s'aimer encore plus fort.

A la fin de la journée, reprendre la route, porter tardivement la nouvelle à nos familles, et pleurer, et rire encore. Vous avez un petit fils, un neveu, un cousin. Et puis, nous...

Nous avons un fils.

Et puis, préparer la chambre, les vêtements, sa venue. Prendre les émotions, l'impatience, les marques d'affection que nous donnent les proches, les moins proches, pour nous, pour lui. Et attendre encore, un apparentement officiel, et une date de rendez-vous.

Et un jour, toute cette attente cesse. Nous avons un fils, et nous partons à sa rencontre dans quelques jours.


vendredi 22 février 2019

L'Attente sous toutes ses formes


Qu'il est étrange le temps de l'attente en grossesse adoptive... Au fur et à mesure de l'avancée, l'attente se transforme, passe de l'inquiétude à l'excitation, de l'impatience à la sensation de ne pas être prêt... et alterne de l'un à l'autre, se mélange. 

C'est en tout cas une attente que l'on n'oublie pas une minute, tournée vers là-bas, centrée par ici. Nous avançons pas à pas vers notre petit, chaque minute lourdement égrainée est une minute de moins à supporter sans être auprès de lui.

On avance, même si l'avancée perçue est encore trop fragile pour en parler ici. Après l'hiver viendra le printemps, et nous plaçons tous nos espoirs dans l'été, pour laisser enfin une nouvelle paire d'empreintes de pas dans le sable.

Une pensée à tous ceux qui, comme nous, cheminent longuement, avec des médecins, des services sociaux ou des bénévoles, en silence ou dans le fracas.
Je n'oublie personne le long de la route, certaines sont cabossées, chaotiques, mettent à rude épreuve, mais un jour, comme nous, le voyage sera de plus en plus beau... jusqu'à atteindre l'étape tant attendue.


mercredi 26 décembre 2018

Lettre aux grands-parents... et à l'entourage !


En cette période de fêtes, l'attente se partage, et plus nous approchons, plus nos proches entrent en ébullition... 
Pour faire suite aux échanges riches des repas de famille, je vous partage aujourd'hui la "lettre aux grands-parents" de Johanne Lemieux, spécialiste de l'adoption. 
Aux grands-parents, mais pas que, puisque vous le verrez, elle est tout aussi importante pour les oncles et tantes, et pour nos proches amis. 

Beaucoup nous entendent parler de bulle à trois, et je vous propose aujourd'hui d'y mettre du sens, en comprenant que nous n'en faisons pas trop, mais souhaitons faire juste, pour favoriser l'attachement de notre futur petit, et lui assurer sa pleine place dans notre famille.


La lecture est une peu longue, je vous propose de vous installer confortablement, et de vous départir de votre point de vue sur l'adoption, pour entendre celui de l'enfant...


Chers grands-parents, 

Je m’appelle ……….….. , j’ai …….… mois et je vis présentement à …….… . On ne se connait pas encore mais je sais que vous entendez parler de moi depuis très longtemps. Vous avez souffert en voyant mon futur papa et ma future maman m’espérer si longtemps. Vous pensiez que j’arriverai dans votre vie par une naissance et que nous aurions une filiation biologique. Maintenant, vous savez que je vais arriver par adoption et que nous aurons une filiation par le cœur.  


Comme vous vous en doutez, j’ai déjà vécu, à mon jeune âge, tout un destin ! Si ma vie avait été facile, je n’aurai pas eu besoin qu’on me trouve une nouvelle famille à l’autre bout du monde. C’est justement parce que j’ai déjà vécu de nombreuses épreuves que je souhaite que tout se passe le mieux possible lorsque je vais arriver dans la vie de mes nouveaux parents, et dans votre vie à vous aussi.


Une chose est certaine, mes parents auront besoin de vous avant, pendant et après mon arrivée car c’est un rôle nouveau et exigeant qu’ils auront à apprendre. Moi, je vais avoir besoin de vous pour le reste de ma vie, mais pas pendant les premiers mois... Je sais, c’est étrange. Une adoption, ce n’est pas tout à fait comme une naissance. Laissez moi vous expliquer pourquoi.


Dans le contexte d’une naissance, le bébé n’a pas encore vécu de mauvaises expériences lorsqu’il rencontre ses parents. Il connait sensoriellement sa maman biologique puis il va découvrir son papa puis vous doucement, tranquillement, par étapes.  Il ne vous viendrait pas à l’idée de vous imposer pour empêcher la maman de donner le sein ou de toujours remplacer le papa pour donner le biberon. Vous savez que pendant les premiers mois, le bébé a surtout besoin des soins de ses deux parents pour s’attacher solidement à eux avant de s’attacher solidement à vous par la suite.


Pour toutes sortes de raison complexes et qui ne sont pas de ma faute à moi. Je n’ai pas eu cette chance de rester physiquement, sensoriellement, émotivement proche de ma maman et de mon papa. Ils ont disparu dans l’univers en me laissant en grand danger, à cause du choc physique et émotif de leur disparition. Oui, mon petit corps se souvient d’avoir eu peur, d’avoir été triste au point de ne plus vouloir vivre, au point de penser que je devais être un mauvais bébé, un bébé avec peu de valeur et d’importance pour qu’on arrête ainsi subitement de me protéger. J’étais bien trop petit pour comprendre que ce sont toujours des problèmes d’adultes qui causent des abandons, pas des défaut de l’enfant lui-même. Quand je serai plus grand, je vais pouvoir comprendre que ce n’est jamais jamais la faute des bébés lorsqu’ils sont abandonnés. Ce fut une grande épreuve mais j’y ai survécu. Car oui, je suis un survivant !  Vous savez, beaucoup de bébés humains se laissent mourir quand ils sont séparés de leur première maman. Pas moi ! Mais je ne savais pas que ce n’étais pas encore fini...


Ensuite, j’ai aussi dû survivre pendant des mois (ou des années) dans des conditions de vie difficiles. Les nounous à l’orphelinat (ou les membres de ma famille d’accueil) n’ont jamais pu donner tous les soins dont j’avais besoin :
1. Je n’ai pas mangé au moment où j’avais faim. J’ai dû attendre beaucoup et longtemps le ventre vide. La qualité de la nourriture n’était pas non plus toujours au rendez-vous. Ma santé en est donc fragilisée.
2. Je n’ai pas été changé au moment où j’ai souillé ma couche. J’ai dû attendre avec des brûlures aux fesses et beaucoup d’inconfort. Cela a stressé mon corps inutilement.
3. Je n’ai pas été bercé pour m’endormir et personne ne m’a chanté des chansons. J’ai dû me bercer moi-même ou m’endormir d’épuisement plutôt que paisiblement.
4. Je n’ai pas été caressé, complimenté, chatouillé, encouragé à parler, à bouger, à marcher. Ce qui fait que je me suis beaucoup ennuyé. Je suis resté seul dans ma couchette presque toute la journée. Mon cerveau n’a pas eu la nourriture sensorielle, affective et cognitive nécessaire pour que mes neurones se connectent rapidement. Mon cerveau a pris du retard dans son développement.
5. Je n’ai pas été soigné immédiatement lorsque j’avais des coliques, des douleurs, des infections, des éruptions cutanées comme tous les petits bébés. J’ai dû me débrouiller tout seul, endurer en silence ou en pleurant jusqu’à l’épuisement ou jusqu’à ce que le sommeil me libère temporairement.
6. Comme personne ne m’a suffisamment protégé, j’ai sur-utilisé mes émotions de survie (colère, tristesse, peur) ce qui a nui au développement des autres fonctions de mon cerveau, celles qui existent pour apprendre que la vie est belle (joie, plaisir, désir).
7. Je ne me suis pas senti compétent, car quand je pleurais, personne ne me répondait, quand je voulais avoir des interdictions, personne ne s’occupait de moi. Je me sentais invisible. Mon estime de moi-même est donc fragile. Je ne suis pas certain d’avoir ma place dans l’univers.
8. Je n’ai pas développé mon langage, car personne n’a pris le temps de me parler, de me montrer le nom des objets ou de refléter mes émotions en les nommant.
9. Je n’ai pas été regardé dans les yeux avec amour, admiration, tendresse, fascination. Je n’ai pas appris à bien décoder les expressions du visage.


En écrivant cela, je ne veux absolument pas que vous ayez pitié de moi. Ce qui m’est arrivé est triste, injuste, mais je ne veux pas être vu comme une victime. Je veux être vu comme un survivant qui a plein de ressources. Je souhaite qu’on me regarde avec compassion pour tout le travail que j’aurai à faire afin de reprendre mon développement et avoir enfin une vie heureuse. Je suis résiliant mais cela ne suffira pas. J’aurai besoin de mes parents et de vous. Je veux que vous deveniez mes tuteurs de résilience. Comme on met un tuteur à un tournesol pour qu’il pousse bien vers le soleil, vous serez mes tuteurs pour pousser en beauté et en santé.
Votre compassion doit se porter surtout sur le fait que je n’ai été précieux, important, unique pour personne jusqu’à maintenant. Ce sera la blessure la plus douloureuse dont j’aurai à guérir. Bien plus que la malnutrition et la négligence. Je faisais partie d’un groupe d’enfants. Je n’étais pas un individu unique. Il y avait trop de nounous différentes, trop de changements de personnes dans ma vie. Je ne me suis jamais senti spécial, beau, intéressant et aimable parce que personne ne semblait aimer rester auprès de moi.
Plusieurs adultes m’ont donné des soins mais sans s’attacher à moi et sans que je m’attache à eux. Vous devez savoir que l’attachement n’a rien à voir avec l’amour. L’attachement c’est un lien fort, un lien permanent de sécurité, de confiance, de conviction, la conviction d’être tellement spécial pour quelqu’un qu’il ne vous quittera jamais. Lorsqu’un enfant est en relation d’attachement sécurisé avec son parent, il sait que son parent ne l’abandonnera jamais, qu’il répondra toujours à ses besoins et qu’il le protègera toujours des dangers. Le sentiment d’amour, pour un enfant, arrive dans son cœur et dans son âme après l’attachement comme on met une cerise sur le gâteau.


J’ai donc appris que j’étais petit, vulnérable, dépendant et que j’avais besoin d’un adulte pour survivre… De n’importe quel adulte. Ce qui sera le plus difficile et le plus important dans mon avenir c’est de réussir à faire confiance et à me sentir en sécurité avec mon nouveau papa et ma nouvelle maman. Le plus ardu sera d’abord de tisser avec eux un lien d’attachement solide et permanent alors que tous les autres liens que j’ai vécus ont été faibles et se sont coupés.  Tout mon être aura peur au début qu’eux aussi disparaissent, qu’eux aussi ne décodent pas mes besoins et n’y répondent pas de façon rapide, chaleureuse et prévisible, qu’eux aussi ne me voient pas comme spécial, unique, digne d’amour et d’investissement. Comment cela pourrait il en être autrement ? Jusqu’à mon adoption, je n’avais rien vécu d’autre ! J’ai appris avec courage à m’adapter, à m’ajuster mais pas à m’attacher.


Cela prendra du temps avant que je puisse me rassurer, reprendre des forces, m’attacher, m’accrocher à eux. Il faudra que ce soit eux seuls qui répondent à tous mes besoins de survie – me faire manger et boire, me consoler et me soigner- pendant plusieurs mois avant que je sois convaincu que c’est vrai, possible, réel et merveilleux. Cette étape m’est nécessaire avant de comprendre que je peux vraiment compter sur eux et qu’ils semblent vraiment aimer s’occuper de moi. Car l’attachement se tisse lorsqu’un enfant vit une détresse et que son parent apaise cette détresse. Cela devra se répéter des milliers de fois avant de s’imprimer dans mon cerveau pour toujours. 


Une fois que je serai rassuré, une fois que j’aurai senti et vécu ces liens apaisants, je pourrai confier ma vie, ma santé et ma sécurité à mes nouveaux parents. Je serai enfin disponible pour créer d’autres liens avec vous mes grands parents puis avec tous les membres de ma nouvelle famille.


Je sais que ce que je vous demande est difficile et très différent de vos espérances. Je sais aussi que vous avez vécu autrement l’arrivée de vos autres petits enfants. Vous trouverez pénible de ne pas pouvoir me cajoler, me câliner tout de suite. Cela vous demandera beaucoup de sacrifices. Vous devrez mettre vos besoins (bien légitimes pourtant) en pause pour quelques temps. .. pour  mieux reprendre ensuite, je vous le promets !


La meilleure façon de m’accueillir et de commencer à m’aimer est de respecter le cocon physique et affectif dont papa et maman m’enveloppent. Plus je serai capable de fabriquer ce lien avec eux, plus je saurai ensuite comment le faire avec vous. Ce serait au dessus de mes forces de tisser quatre, cinq ou six liens en même temps. Cela ressemblerait tellement à ce que j’ai vécu en pré-adoption que je continuerai à entretenir des relations superficielles uniquement utilitaires pour le reste de ma vie. 


Il existe même un risque encore pire et très réel. Avec toutes vos années d’expérience comme parents, vous saurez très bien comment me consoler, me nourrir ou me faire boire. Vous saurez vous y prendre avec moi encore plus que mes nouveaux parents qui seront encore en apprentissage, nerveux, hésitants,  comme tous les nouveaux parents. Si vous prenez trop de place au début pour ne donner de base dont j’ai besoin, je risque de me sentir plus en confiance dans vos bras quand dans ceux de mon nouveau papa et de ma nouvelle maman. Il est donc possible que je crée un premier attachement plus solide avec vous qu’avec mes parents. Mais comme vous ne serez pas toujours là, je risque de me sentir abandonné de nouveau chaque fois que vous repartirez après une visite. Dès lors, je ne voudrai plus de mes  nouveaux parents et je continuerai à avoir des relations utilitaires avec eux, comme s’ils étaient d’autres nounous qui se rajoutaient à une liste déjà assez longue, rien de plus, rien de moins.


Imaginez le scenario catastrophe, avec toutes les meilleures tentatives du monde de votre part, avec votre désir de me connaître, de m’aimer, de me soigner, vous pourriez saboter le lien d’attachement que je dois tisser avec mes nouveaux parents et me faire souffrir à chacun de vos départs ?
Je sais que c’est la dernière chose que vous souhaitez.


Alors, comment pensez-vous m’être utile ? Comment commencerez-vous votre rôle de Papi et Mamie dès mon arrivée ? En prenant soin de mes parents.
- En leur offrant de l’aide concrète, des petits plats, de l’aide pour les courses, le ménage…
- En leur offrant une oreille attentive pour les écouter sans les juger et en leur disant que c’est normal de vouloir bien faire et de parfois échouer. En effet, que vous ayez adopté ou non vos enfants, vous êtes sûrement passés par là !
- En respectant notre intimité totale durant les premiers jours. Puis en faisant de courtes visites pour jouer avec moi peut-être, mais pas tout de suite pour me soigner, me nourrir, me bercer ou me garder. Je vais ainsi me laisser apprivoiser par vous, d’abord de loin comme le Petit Prince avec son renard mais sans compter sur vous pour ma survie, au moins au début.
- En prenant des nouvelles de mes parents
- En vous intéressant à la normalité adoptive
- Puis quelques mois après l’adoption, quand mon Papa et ma Maman verront assez de signes d’attachement, ils auront besoin de répit.  YOUPI ! Et c’est à ce moment là que je me montrerai disponible pour m’attacher à vous. Vous pourrez venir me garder 30 minutes, puis une heure puis deux heures pendant lesquelles vous pourrez enfin me bercer, me nourrir, me chatouiller, me chanter des chansons, jouer avec moi, me consoler, me coucher.


Vous savez, pour grandir en beauté, en santé, pour apprendre à m’aimer moi-même puis pour apprendre à aimer la vie, j’aurai besoin de vous et de toute la famille. Pas tout de suite, un peu plus tard, seulement, mais pour toujours.
Donnez-moi d’abord le temps de réparer mes blessures d’attachement avec mes deux parents. Vous m’avez attendu pendant plusieurs années. Est-ce trop de vous demander encore trois ou quatre mois ? Notre nouvelle relation en sera encore plus belle, plus forte et plus utile pour vous et pour moi.
Je vous remercie déjà car je sais que vous me comprenez mieux maintenant.
Je compte sur votre expérience et votre sagesse durement acquise pour soutenir mes parents dans leur nouveau rôle.
J’ai très hâte de vous connaître Il parait que lorsqu’on est prêt, avoir des grands-parents qui nous aiment et qui nous gâtent est une chose unique, spéciale et formidable !


dimanche 16 décembre 2018

L'adoption et l'argent


Je viens juste de dire un gros mot, parler d'argent en France est assez malpoli... Mais je souhaitais revenir sur la notion d'argent dans l'adoption.

On entend souvent parler du "combien coûte" une adoption, et c'est à cette question que je souhaitais aujourd'hui apporter une réponse. 

Alors, concrètement, en France, une adoption nationale ne coûte rien. La prise en charge de l'enfant (de l'accouchement sous le secret à la prise en charge en pouponnière ou famille d'accueil pendant plusieurs mois) est totalement payée par la communauté, donc nos impôts. 
Je pense que le coût total ne serait pas loin de l'adoption internationale si ça n'était pas le cas, entre les frais de personnel, de fonctionnement de structure, la prise en charge médicale, ainsi que les nombreux professionnels mobilisés pour trouver des parents à cet enfant...
Mais bon, comme il s'agit d'un coût qui ne se voit pas, puisque les parents adoptants n'ont rien à débourser, j'entends encore ça et là des postulants qui sont "contre" l'idée de s'engager dans une adoption à l'internationale, "par conviction", car ils ne veulent pas "payer pour un enfant"...

En international, le coût est directement demandé aux parents adoptants. On ne parle pas de 2 ou 3000 euros, mais plutôt d'une somme comprise, suivant les pays et le nombre de voyages, entre 12000 et... 40000 euros.

Le coût est énorme, et ne permet pas à chacun d'envisager ce type de projet. Aucune aide n'est prévue en France pour accompagner les postulants, hormis, dans certains département, un prêt à taux zéro qui ne représente pas la moitié de ce qui doit être déboursé. 

Ce ne sont pas des bakchichs ; tous les frais sont déclarés à L’État Français, et surveillés de près par la Mission pour l'Adoption Internationale ; en cas d'irrégularité, l'adoption ne sera pas validée en France.

On ne paie pas l'enfant, soyez-en certains. On paie la traduction et la légalisation des documents administratifs, la taxe d'enregistrement du dossier, les bilans et soins médicaux, la taxe d'attribution de l'enfant, son passeport. On prévoit également un don à l'institution qui a pris soin de notre enfant, pour qu'il puisse prendre soin des suivants.
On paie un voyage au pied levé en avion, avec 2 billets à l'aller et 3 au retour, on paie l'hébergement et la nourriture pour 3 semaines, le taxi, les vols intérieurs pour rallier l'institution de l'enfant et la capitale, où toutes les démarches sont à faire. 
On paie notre organisme, composé essentiellement de bénévoles, qui font un boulot de dingue pour nous, ainsi qu'une partie pour le représentant au Vietnam qui porte notre projet.

Ce que nous dépensons le plus, nous, dans l'adoption, ce sont les émotions : les larmes de joie à chaque avancée, le cœur qui manque parfois un battement, les rencontres humaines, l'enrichissement d'expériences, la beauté des parcours, l'intensité des émotions, et la palpable possibilité de devenir parents...

On n'achète pas un enfant. Par contre, pour nous, être parents, ça n'a pas de prix. 


vendredi 14 décembre 2018

Courrier aux OAA

Suite à quelques demandes, et aussi parce que j'avais moi-même effectué cette recherche, je vous propose le plan de la lettre de motivation que nous avions envoyé aux OAA, mais aussi aux Conseils Départementaux de France et de Navarre. 

Le courrier est important, car il permet d'apporter quelque chose de plus personnel que les rapports sociaux et psychologiques, écrits par des professionnels. Nous avons décliné notre présentation comme suit :

1/ Nos prénoms, âges, durée de couple et durée de mariage

2/ Nos professions respectives, et employeurs

3/ Le cadre de vie : en ville, à la campagne, près de la mer... et nos activités de loisirs (associatives, culturelles, ...)

4/ deux-trois mots sur la pma, notre désir de faire famille, et notre cheminement vers l'adoption

5/ Notre entrée dans l'adoption, avec les rencontres, formations à la parentalité adoptive, lectures... En sachant que certains OAA n'aiment pas trop les forums internet, pas la peine d'en parler ;-)

6/ un mot sur l'oaa, si on les connait, et/ou le pays. Nous n'avons jamais parlé du pays, nous avions pour unique préférence celle d'être parents ! 

En sachant que nous avons repris ce plan pour tous les contacts, en adaptant, mais assez légèrement, selon le destinataire (Conseils départementaux, organismes...).

Maintenant, si vous êtes postulants, je vous laisse vous mettre au travail, et vous souhaite de trouver le chemin vers votre enfant!

dimanche 25 novembre 2018

L'éternité c'est long...

... surtout vers la fin!

Je pense que cette phrase n'avait jamais pris autant sens jusqu'à maintenant... Nous sommes en plein dans une période où nous ne pouvons plus faire de pas, parce que nous avons fait notre chemin, et sommes montés en voiture sur l'autoroute. Les paysages se ressemblent et ne peuvent nous donner d'indices sur l'avancée de notre voyage. Et personne ne peut répondre à la question essentielle : "quand est-ce qu'on arrive?". 

Pendant des années, notre souhait de parentalité nous a entrainé au quotidien dans des démarches, médicales dans un premier temps, puis administratives ensuite. 
Nous avons fait un long chemin de réflexion, de remise en question. Nous sommes prêts aujourd'hui. Non pas à être des parents parfaits, mais bien à passer de la théorie à la pratique, pour pouvoir -enfin- faire nos propres erreurs, et apprendre à être parents.

Nous sommes passés depuis plusieurs mois d'une démarche proactive, très prenante, à un vide où rien de plus ne peut être fait... 
Alors nous suivons les différentes formations à la parentalité adoptive proposées par notre OAA, qui nous enrichissent encore, et permettent de jalonner le parcours, de sentir vivre notre projet. 
Nous avons en effet la chance de nous voir proposer beaucoup de modules de préparation à l'adoption. Par des échanges, je sais que ce n'est pas le cas dans tous les organismes... et encore moins le cas pour les postulants à l'adoption qui ne font qu'attendre en France : certains n'ont jamais eu d'apports théoriques concernant les petits plus des enfants adoptés, en dehors de lectures -lorsqu'ils en ont l'appétence- et des rencontres avec EFA, qui peuvent, suivant les départements, être plus ou moins fréquentes et animées. 


Et puis un jour, le téléphone sonnera...



vendredi 7 septembre 2018

Faut-il se marier pour adopter en France?


J'ai hésité sur le choix du titre, qui aurait pu également être "Pourquoi faut-il se marier pour adopter?", ce qui parait plus juste, mais plus effrayant pour les postulants à l'adoption.

Reprenons la base. En France, pour pouvoir prétendre à l'agrément, il faut avoir plus de 28 ans ou 2 ans de mariage si les postulants sont âgés de moins de 28 ans. 

Il est possible d'adopter en tant que célibataire ( de plus de 28 ans, donc), ou en tant que couple marié (hétéro ou homo). 
Vous trouverez ici (clic) les pays ouverts à l'adoption des couples sans enfants, avec enfants, et des célibataires, avec en prime le nombre d'enfants adoptés dans le pays concerné en 2017.
Quant aux couples homosexuels, il y a très peu de pays ouverts à l'adoption pour les couples de même sexe ; l'info se trouve ici (clic)  

En tout état de cause, pour adopter en couple, la loi française impose d'être mariés. Il n'y a que le mariage qui établit la double filiation, ce qui signifie une autorité parentale conjointe aux deux parents.

Certains postulants à l'adoption font pourtant le choix de faire une demande d'agrément en tant que célibataire, mais vivant en concubinage, pour tenter quand même. Il est tout à fait possible d'obtenir l'agrément en solo, bien que vivant en couple. 

Par contre, il est beaucoup plus difficile de concrétiser son projet par la suite, ce qui ressemble à un agrément blanc, c'est-à-dire accordé, mais qui ne servira à rien. 

Penchons-nous sur le point de vue de l'enfant pour comprendre. 
Un enfant adopté a, en premier lieu, été abandonné. De ce fait, il conservera toute sa vie cette blessure primitive, qui se manifestera à des degrés plus ou moins développés, du plus léger au plus extrême. Nous avons tous vu des reportages sur des adolescents adoptés qui manifestent un trouble de l'attachement majeur...

Les besoins de l'enfant adopté sont donc, en premier lieu, de se sentir en sécurité, dans un environnement stable, avec des figures d'attachement fiables, à qui il apprendra progressivement à faire confiance, malgré la méfiance qu'il a vis-à-vis des adultes, qui n'ont pas été très constants jusque là. 

Posons-nous la question : comment peut réagir un tel enfant s'il a l'impression de n'avoir été désiré que par l'un de ses deux parents ? Si systématiquement, à l'école, ou encore pour autoriser une opération chirurgicale, il lui est renvoyé que le deuxième n'est pas son parent légal, et n'a aucun droit de décision, ni même d'information ?

Pourra-t-il se sentir suffisamment sécure, si au moindre évènement traumatique (décès de son parent adoptant, mais aussi, plus couramment, séparation conflictuelle du couple), le lien avec le second parent peut se rompre définitivement, sans autre forme de procès, et sans possibilité de recours ? 

Partant de ces questionnements, les Conseils de Famille (qui choisissent les parents des enfants pupilles de l'Etat en France) et les Organismes Agréés à l'Adoption trouvent trop risqué de confier un enfant à de "faux" célibataires. D'où l'idée d'agrément blanc.

Quant à l'adoption internationale, de nombreux pays ne comprennent pas le concubinage, quand d'autres imposent une durée minimum de mariage pour pouvoir adopter chez eux.





 Bref, en résumé, mariez-vous pour adopter, vous verrez, c'est chouette, nous on y a pris goût !
 

jeudi 30 août 2018

Et pendant ce temps-là...


Pas de nouvelles de l'avancée de notre grossesse adoptive. Notre enfant grandit dans notre cœur, et certainement aussi quelque part, à quelques kilomètres ou à quelques milliers de kilomètres. 

Nous l'attendons, mais nous ne sommes pas les seuls ; nos familles ne cessent de nous témoigner de l'accueil qui lui sera fait. 
Nous sommes certains qu'il ne sera pas accueilli "comme un enfant biologique", mais bien comme notre enfant. La différence est subtile, mais importante pour nous, et pour lui. 

Entre les futurs grands-parents qui se montrent ouverts à nos réflexions sur la parentalité adoptive (merci maman pour ton emprunt du livre de Johanne Lemieux, qui marque encore une fois la bienveillance dont tu feras preuve vis-à-vis de ton prochain petit-enfant), les cousins et cousines qui sont dans une attente trépignante...

Voici ce que nous ont offert deux de nos neveux et nièces pour l'anniversaire du futur papa :




Tous deux ont tenu à participer à la cagnotte pour le voyage, en nous offrant généreusement de l'argent de leurs tirelires. Le geste est merveilleux, et nous émeut encore...

Une autre nièce, âgée de 4 ans, me demande à chaque rencontre : " Ça y est, tu l'as trouvé votre bébé?"

Pas encore, mais nous cherchons notre bébé partout, et des gens nous aident dans cette quête... Voilà où nous en sommes...



vendredi 3 août 2018

Rendez-vous annuels d'agrément, check!


Pour des raisons de période de vacances, nous avons effectué le maintien annuel d'agrément avec - seulement - deux mois d'avance. 

Dans notre département, chaque année nous rencontrons à nouveau l'assistante sociale et le psychologue, qui refont un rapport, même s'il est plus succinct, et uniquement destiné au Conseil de Famille, des fois qu'un bébé pupille de l'Etat passe par là...

Ouf, pas besoin de rééditer les rapports, les faire certifier conformes pour le dossier au Vietnam... Une démarche en moins!

Les rendez-vous nous ont permis de faire le point sur les avancées, en à peine 10 mois d'agrément, et nous avons fait des pas de géant! Ça fait du bien de se le rappeler, dans cette période de rien...

Tout s'est bien passé, nous avons pu exposer là où nous en étions dans cette grossesse éléphantesque, avec la même question des deux intervenants : Comment expliquez-vous que vous ayez avancé si vite? Ben euh... c'est vous qui voyez des candidats à l'adoption à longueur d'année, c'est donc vous qui pouvez savoir quel est notre petit truc en plus, non?

Bref nous avons eu l'écrit de l'assistante sociale, et attendons celui du psy ; vu la teneur de nos échanges, il ne devrait pas nous décevoir!

Et nous reprenons la course de lenteur, le premier qui appelle a gagné. Alors, coup de fil magique en courte distance ou longue distance ? On ouvre les paris!

P.S.: je vous partage un blog, qui reprend les idées reçues et questions maladroites sur l'adoption, destiné aux nouveaux dans cette sphère !  Clic
 


mercredi 4 juillet 2018

Pendant l'Attente... Ben on attend !


Et voilà, ce qui devait arriver arriva... On se retrouve dans l'Attente, et il ne se passe plus rien. Et on se recentre sur le reste, mais on a chaque matin la tête au Sud Est. Avec un sacré décalage horaire pour revenir au quotidien. 

Alors je conserve quelques liens avec le projet : rendez-vous dans les administrations pour préparer l'après, liens avec les parents et futurs parents adoptants (merci à vous, ça fait du bien!). 
Et sans cesse, plusieurs fois par jour, se rappeler qu'il faut arrêter d'y penser. 

Mention spéciale à l'initiative de ma collègue, qui m'a invitée à un escape game ; enfermée et menottée (si, si!), j'ai été totalement immergée dans autre chose. A aucun moment, le Vietnam ne s'est invité au Far West - ça aurait été bizarre. 

Remarquez il s'est bien invité sur une bouteille de bière, en plein festival. Et à la banque, avec notre nouveau conseiller, qui en est originaire. Et aussi chez Picard, qui affichait gaiement "En route pour Hanoï!". Ben nous on veut bien!

Chaque moment d'évasion (oui, bon, on arrête avec les menottes, ça n'arrive pas tous les jours non plus!) est précieux, hors du temps de l'adoption, un instant volé à l'Attente.


mardi 26 juin 2018

Message de solidarité


Bonjour à tous!

Il y a en ce moment, loin de nous, à Tahiti,  un couple qui vit un véritable cauchemar... sur place depuis 20 jours, ils attendaient de rencontrer la mère biologique de leur enfant, dans une procédure spéciale d'adoption, le Faa mu. Dans ce cadre, la mère biologique confie l'enfant dès la naissance à un couple qu'elle a choisi.

Mais là,  c'est l'enfer pour eux, ils ne parviennent pas à avoir d'infos fiables, dernièrement on leur a dit que le père biologique voulait confier l'enfant à une autre famille contre un scooter...

Si vous avez l'occasion de leur laisser un message sur le blog, qu'ils se sentent moins seuls... voici l'adresse :
 deesselinette.wordpress.com

Merci pour eux.

samedi 23 juin 2018

Un documentaire qui peut valoir le coup...

Je viens d'entendre parler d'un documentaire sur le parcours de deux couples adoptants, qui fait partie de la série Infrarouge. 
Il sera diffusé sur France 2 le mardi 12 juin à 23 heures, et disponible en replay pendant une semaine. 

D'habitude, je fuis ce genre de documentaires, qui bien souvent mettent le focus sur les adoptions qui se passent mal à l'adolescence. Mais j'ai confiance en la série Infrarouge, qui est bien faite sur plein de sujets, pour nous dresser un portrait juste du parcours d'adoption, qui ne tombe ni dans l'humanitaire, ni dans le misérabilisme...

A voir, on en reparle si vous voulez après! 

dimanche 27 mai 2018

Echographie du premier trimestre, la prise de température

Nous rentrons tout juste du pique nique annuel de notre organisme. Le week-end a été dense, entre les trajets et les rencontres...

A la base, quand on nous a parlé de ce week-end, je me suis dit qu'il fallait y aller, sans forcément y mettre de sens. Et puis, ça faisait un nouveau pas sur le chemin...

Je ne m'attendais pas à la richesse de ce temps! Nous avons rencontré pêle-mêle notre déléguée départementale, les intervenants de l'association que nous avions eu si souvent au téléphone, les familles déjà formées, les postulants à l'adoption, et les enfants, de tout âge et de toute origine!

Plusieurs familles, réunies depuis quelques mois à peine, nous ont fait la joie de venir avec les plus petits, âgés de moins de 2 ans... qui sont absolument craquants! 
Je me suis aperçue que j'avais une crainte de les trouver trop grands... Mais là, ils étaient en France depuis 6 mois, parfois plus, et j'ai passé mon temps à dire à mon cher et tendre, ravie : "t'as vu, ils sont tout petits !".

La mission que je m'étais fixée, c'était de recueillir une forme de liste pour préparer ce qu'il faut amener pour le voyage, et préparer à la maison. Je pense avoir abandonné tout esprit cartésien après le premier échange avec de jeunes parents, en apprenant que l'organisme nous ferait parvenir un fascicule d'une 20aine de pages pour nous accompagner. J'ai déjà dit que je les aimais d'amour ? 

Bon, le désavantage, comme je ne pouvais plus me raccrocher au pratico pratique, c'est que je n'ai plus eu d'autre choix que de me laisser vibrer dans les échanges... Et là, c'est la cata assurée! Les récits des coups de fil magiques, de la découverte du dossier, de la photo, puis de la rencontre avec l'enfant, l'émotion palpable des nouveaux parents... J'ai eu les larmes aux yeux toute la journée, traversée par de pures émotions de joie et d'espoir.

Nous sommes repartis gonflés à bloc, épuisés, heureux... et certains que oui, cette grossesse-là, peu importe le temps qu'elle durera, aboutira. 


lundi 30 avril 2018

Alors, ça en est où?

"Alors, ça en est où?", c'est la question que tout le monde nous adresse aujourd'hui. 

Le temps de l'adoption est peu saisissable vu de l'extérieur, ça parait long à certains, très court à d'autres, et parfois ça parait court aux mêmes qui trouvent qu'ils ont mis longtemps pour la première grossesse, "au moins 6 mois" (spéciale dédicace !). 

Et bien là, il ne se passe plus rien. Et ça va durer des mois. 

En tout cas, il ne se passe plus rien pour nous, en France. Au Vietnam, notre dossier est traduit, légalisé, enregistré, réenregistré, placé sur une liste. 
Là-bas, la correspondante de l'organisme est en lien avec les orphelinats, travaille avec eux pour les changements de procédure, rencontre les enfants. 
Là-bas, peut-être, une femme vient de confier l'enfant à qui elle a donné naissance, qui deviendra le nôtre, dans quelques mois, dans un an...

Pour nous, il n'y a plus rien à faire pour le projet. On a donné le maximum, on a fait notre part. Un jour, nous aurons à décrocher le téléphone, pour entendre que ça y est, un enfant nous attend. Mais nous n'avons aucune idée du jour, du mois, de l'année. 

Aujourd'hui, nous n'avons plus qu'à vivre le reste, et c'est déjà beaucoup!

mardi 10 avril 2018

De grands pas à petits pas

Ca y est, nous sommes déchargés du dossier. Depuis la semaine dernière, il est entre les mains de l'Organisme. Ouf! Nous n'avons plus rien à faire, qu'attendre que tout le monde travaille pour nous.

Les deux prochaines étapes, qui nous seront confirmées au fur et à mesure, sont l'envoi des dossiers au Vietnam pour traduction, puis l'enregistrement de ceux-ci par les Autorités.

Nous sommes allés ce week-end à une formation sur l'attachement, pour nous préparer au mieux à l'accueil et à l'accompagnement. 

La formation était dispensée par Petales France ( clic ), une association créée par des parents adoptants, qui a, au fil des années, affiné la théorie de l'attachement et les pistes de réponses aux problématiques qui peuvent apparaitre. 

Leur intervention était intéressante et pertinente, pas du tout alarmiste, le mot d'ordre étant : " oubliez nous après l'intervention, mais, si vous êtes en difficulté avec votre enfant, rappelez-vous que nous sommes là".

L'autre avantage à ce type de formation, c'est de pouvoir rencontrer des personnes qui en sont à peu près au même stade que nous (et quelques unes accompagnées par la même association que nous).

Et du coup, nous avons rencontré plusieurs couples que nous reverrons au pique-nique de l'association, dans deux mois.

Les échanges au moment des pauses sont riches et recherchés !

samedi 31 mars 2018

Et bientôt... L'Attente, la vraie !


Le dossier est bouclé !!!!!!!!!!!! Bon, à deux trois détails près... Mais ça fait du bien !

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Mention spéciale au service état civil de notre ville, qui nous a vus pour la dernière fois ce matin, et nous demande de les tenir informés de l'avancée "parce qu'on développe de l'affectif, à force de vous voir". J'ai failli pleurer tellement j'étais émue... Les hormones de grossesse, sûrement !