Je viens juste de dire un gros mot, parler d'argent en France est assez malpoli... Mais je souhaitais revenir sur la notion d'argent dans l'adoption.
On entend souvent parler du "combien coûte" une adoption, et c'est à cette question que je souhaitais aujourd'hui apporter une réponse.
Alors, concrètement, en France, une adoption nationale ne coûte rien. La prise en charge de l'enfant (de l'accouchement sous le secret à la prise en charge en pouponnière ou famille d'accueil pendant plusieurs mois) est totalement payée par la communauté, donc nos impôts.
Je pense que le coût total ne serait pas loin de l'adoption internationale si ça n'était pas le cas, entre les frais de personnel, de fonctionnement de structure, la prise en charge médicale, ainsi que les nombreux professionnels mobilisés pour trouver des parents à cet enfant...
Mais bon, comme il s'agit d'un coût qui ne se voit pas, puisque les parents adoptants n'ont rien à débourser, j'entends encore ça et là des postulants qui sont "contre" l'idée de s'engager dans une adoption à l'internationale, "par conviction", car ils ne veulent pas "payer pour un enfant"...
En international, le coût est directement demandé aux parents adoptants. On ne parle pas de 2 ou 3000 euros, mais plutôt d'une somme comprise, suivant les pays et le nombre de voyages, entre 12000 et... 40000 euros.
Le coût est énorme, et ne permet pas à chacun d'envisager ce type de projet. Aucune aide n'est prévue en France pour accompagner les postulants, hormis, dans certains département, un prêt à taux zéro qui ne représente pas la moitié de ce qui doit être déboursé.
Ce ne sont pas des bakchichs ; tous les frais sont déclarés à L’État
Français, et surveillés de près par la Mission pour l'Adoption
Internationale ; en cas d'irrégularité, l'adoption ne sera pas validée
en France.
On ne paie pas l'enfant, soyez-en certains. On paie la traduction et la légalisation des documents administratifs, la taxe d'enregistrement du dossier, les bilans et soins médicaux, la taxe d'attribution de l'enfant, son passeport. On prévoit également un don à l'institution qui a pris soin de notre enfant, pour qu'il puisse prendre soin des suivants.
On paie un voyage au pied levé en avion, avec 2 billets à l'aller et 3 au retour, on paie l'hébergement et la nourriture pour 3 semaines, le taxi, les vols intérieurs pour rallier l'institution de l'enfant et la capitale, où toutes les démarches sont à faire.
On paie notre organisme, composé essentiellement de bénévoles, qui font un boulot de dingue pour nous, ainsi qu'une partie pour le représentant au Vietnam qui porte notre projet.
Ce que nous dépensons le plus, nous, dans l'adoption, ce sont les émotions : les larmes de joie à chaque avancée, le cœur qui manque parfois un battement, les rencontres humaines, l'enrichissement d'expériences, la beauté des parcours, l'intensité des émotions, et la palpable possibilité de devenir parents...
On n'achète pas un enfant. Par contre, pour nous, être parents, ça n'a pas de prix.

